LES CHARBONNAGES DE FRANCE


  • 1946. - Création de Charbonnages de France et de neuf houillères de bassin : Nord - Pas-de-Calais, Lorraine, Loire, Cévennes, Blanzy, Aquitaine, Provence, Auvergne, Dauphiné. Le statut de mineur est créé. Il garantit protection sociale et avantages en nature.
  • 1947. - Au plus fort de l'activité, les mines emploient 360 000 personnes. Les mineurs produisent 45,4 millions de tonnes.
  • 1959. - La production atteint 59 millions de tonnes. C'est un record historique.
  • 1963. - Grève nationale de trente-cinq jours pour des revendications salariales.
  • 1974. - Un coup de grisou à Liévin fait 42 morts.
  • 1990. - Arrêt de l'extraction dans le Nord - Pas-de-Calais.
  • 1994. - Signature du pacte charbonnier national entre CDF et les syndicats qui acte la fin de la mine en 2005. Il instaure le congé charbonnier de fin de carrière ouvert aux salariés de 45 ans et ayant au moins vingt-cinq ans d'ancienneté, leur assurant 80 % de leur salaire. Les mineurs ne sont plus que 15 000 environ.
  • 2004. - Fermeture de la dernière mine : La Houve à Creutzwald en Moselle.
  • 2007. - Dissolution de Charbonnages de France le 31 décembre.

La société Charbonnages de France (CDF) a été dissoute le 31 décembre 2007. Cette société avait été créée en 1946 avec la nationalisation des houillères et exploitait les différents bassins miniers du Nord-Pas-de-Calais, de Provence, de Lorraine, etc.
Les derniers puits ont fermé. Mais l'héritage est lourd pour les régions minières : le sol y est percé comme du gruyère. Par exemple, dans le bassin du Nord-Pas-de-Calais, 100 000 kilomètres de galeries ont été recensés, et il y en a sûrement plus. Certaines ont été comblées, d'autres noyées. Mais le sol continue de bouger, les affaissements entraînent des dégradations des habitations. L'eau remonte des puits et les zones inondables sont nombreuses. Jusqu'à présent, c'est Charbonnages de France qui gérait les pompes chargées d'éviter les catastrophes. CDF a recherché des accords avec les communes minières pour la reprise de ces pompes. Mais les communes, à juste titre, refusent d'en prendre la responsabilité technique mais aussi financière, car cela inclut l'indemnisation des victimes. Elles renvoient la responsabilité vers l'État, qui ne se précipite pas pour répondre.

Les logements miniers ont été cédés aux communes qui ont bien du mal à recevoir, de la part de l'État, les financements nécessaires pour les rénover, pour les relier au gaz de ville, pour entretenir les voiries… ou simplement pour installer l'éclairage public dans les cités (où, parfois, il fait noir comme au fond de la mine…).

Les autres risques connus concernent l'accumulation de poches de gaz. La remontée des eaux fait revenir en surface du radon, un gaz inodore et radioactif. Le méthane qui remonte aussi par les failles du sous-sol est inflammable. Alors que CDF disparaît, l'État ne s'est toujours pas engagé fermement sur ces questions. Des études et des projets existent, mais le recensement n'est pas terminé et il n'y a toujours pas de décision !


Extraits articles de la voix du nord et de lutte ouvriere

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