
J'ai fort quièr el français, ch'est l' pu joli langache, Comm' j'aime el biau vêt'mint qué j' mets dins les honneurs. Mais j' préfèr' min patois, musiqu' dé m' premier âche, Qui, chaqu' jour, fait canter chu qu'a busié min cœur. L' patois s'apprind tout seul, et l' français, à l'école. L'un vient in liberté, l'autr' s'intass' comme un rôle. Jules Mousseron
Né en 1868 à Denain, Jules Mousseron est descendu à la mine à l'âge de douze ans
où il a travaillé durement, ce qui ne l'a pas empêché de se passionner pour la
littérature. Il a dévoré tous les classiques et s'est mis lui-même à écrire,
en français d'abord, langue qu'il considérait comme sacrée, puis dans sa langue
quotidienne, le patois, ce qui lui a valu très vite renommée et reconnaissance.
Jules Mousseron a régulièrement dépeint l'univers de la mine dans ses oeuvres.
En dépit du caractère pénible et surtout dangereux du travail au fond, il n'en
a relaté que les côtés positifs, comme la solidarité qui existait entre
les mineurs ou la joie de vivre.
En un demi-siècle, Jules Mousseron a publié 12 recueils, soit plus de 360 poèmes,
chansons et monologues, vendus à 100 000 exemplaires, chiffre impressionnant pour
l'époque, et a connu la postérité avec son personnage fétiche :
Zeph Cafougnette.